Qui était Jean-Louis Labbé?

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de  Jean-Louis Labbé

Jean-Louis est décédé à son domicile de Rimouski le 22 octobre 2004 à l'âge de 68 ans. Sur le signet distribué lors de ses funérailles, on pouvait lire:  "Il n'était pas un grand personnage, mais il était un grand homme". Je crois que ces quelques mots décrivent très bien qui était Jean-Louis, c'est-à-dire un homme très humble capable de grandes choses. C'était un être très attachant, un autodidacte extrêmement talentueux et intéressé à tout. Il ne manquait jamais une occasion de parfaire ses connaissances en lisant tout ce qui lui tombait sous la main. Il découpait ou copiait tous les articles intéressants qu'ils rencontrait afin de les étudier pour mieux les comprendre et il les conservait par la suite. Il avait une mémoire photographique qui faisait de lui une véritable encyclopédie vivante, et rare étaient les choses ou les sujets, dont il n'avait jamais entendu parler. Malgré toutes ses connaissances, il n'était pas prétentieux pour deux sous et son humilité le portait à donner à ses interlocuteurs l'impression d'être beaucoup plus importants et savants que lui.

Il est né dans une famille de musiciens et fut initié à la musique dès son plus jeune âge.  C'était sa plus grande passion mais il l'avait jamais étudiée formellement, mais cela ne l'empêchait pas d'être un violoneux remarquable qui jouait merveilleusement bien.  Son jeu était chargé d'émotion et les gens disaient que sa musique les touchait directement au coeur. Il n'avait rien qu'il n'aimait plus faire que de jouer du violon dans les soirées et dans les mariages. Il se faisait payer peu, car sa motivation principale était le plaisir de jouer et de rendre les autres joyeux et heureux. Sa musique était aussi pour lui une façon de se faire des amis, ce qui était difficile pour lui à cause de sa grande timidité. La plupart de ses amis étaient des musiciens comme lui et il ne manquait pas une occasion de les rencontrer, soit pour faire de la musique, soit pour converser et aussi pour leurs jouer des tours, car il avait un excellent sens de l'humour.

Ses autres passe-temps étaient l'écriture, le dessin, la fabrication de maquette et la reproduction de certaines peintures des peintres Edmond Massicotte (1875-1929) et   Cornelius Krieghoff (1815-1872) représentant des scènes de la vie québécoise d'antan.  C'était un copiste presque parfait, il pouvait reproduire à la main à peu près tout, quasiment à la perfection. Cependant, il faisait des copies pour lui-même seulement et jamais dans le but de les vendre ou même de les donner. Il travaillait à partir de photos ou d'images qu'il trouvait dans les livres ou sur les cartes de Noël. Son talent lui permettait de pouvoir les agrandir à volonté.  Il encadrait et affichait dans son salon ses reproductions les plus réussies. Il éprouvait un grand besoin de retrouver les moments les plus heureux de son enfance et il y parvenait en les illustrant de diverses façons, par des dessins ou des maquettes qu'il créait lui-même ou en reproduisant certaines oeuvres connues.

Pour un compte-rendu de sa contribution dans le domaine de la musique traditionnelle, on peut se référer à un extrait du livre: "Musiciens traditionnels du Québec (1920-1993)" écrit par son frère  Gabriel Labbé, lui-même musicien et historien de la musique traditionnelle québécoise:

"Inspiré par les mélodies des Montagnards laurentiens entendues à CHRC (Québec) et par celles de Joseph Allard ou de Jos Bouchard diffusées sur les ondes de CJBR (Rimouski), Jean-Louis Labbé a quatorze ans lorsque son père (Louis) lui achète son premier violon pour la modique somme de 10$. Il commence à se produire en public à dix-neuf ans, accompagné par son frère Clément à la guitare, d'abord dans des veillées familiales, puis dans des soirées paroissiales. En mars 1958, il participe à la populaire émission Soirée canadienne animée à CJBR par Jean Brisson. Quelques années plus tard, en 1962, on pouvait l'entendre au spectacle de la Saint-Jean de Rimouski mettant en vedette le folkloriste Ovila Légaré. Il se lie d'amitié en 1965 avec le violoneux Paul Bossé, une rencontre qui lui permettra d'enrichir sa technique et son répertoire. De 1968 à 1972, il sera responsable de la par­tie musicale à l'hôtel Lepage de Sainte-Blandine, puis au Vieux Bogey de Pointe-au-Père de 1972 à 1975 (ensuite il occupera la même charge pour le Club de l'âge d'or de sa ville natale pendant plusieurs années). En octobre 1982, aux côtés de Philippe Bruneau, Dorothée Hogan et Denis Pépin, il s'exécutera lors d'un stage de musique et de danse traditionnelles organisé à Pointe-au-Père par Guy Leclerc. On fera appel à ses services pour l'une des treize émissions de la série Portrait transmise par CJBR-FM tous les samedis midi du 15 décembre 1984, au 9 mars 1985 dans le cadre de l'émission Folklore de Radio-Canada. En octobre 1987, il participe au Festival national de folklore de Drummondville. Il se produira par ailleurs à l'Anglicane de Lévis (mars 1987 et septembre 1989), au Champlain Valley Festival du Vermont (1988 et 1989), au Symposium de folklore de Lévis-Lauzon (novembre 1989) mis sur pied par Philippe Bruneau et à l'occasion d'un hommage rendu à Paul Bossé au cours de la Semaine du patrimoine qui avait lieu à Rimouski en juin 1992.

Musicien de talent, Jean-Louis Labbé aura travaillé à faire connaître le beau répertoire de Paul Bossé, son maître".

 

Les amis et connaissances de Jean-Louis qui désireraient contribuer à ce site sont priés de me contacter par courriel à l'adresse webmestre@jeanlouislabbe.com. Votre contribution pourrait être sous forme de photos, de témoignages ou d'aide dans l'identification d'extraits de la musique de Jean-Louis qui seront publiés sur ce site sous peu.

Georges Vaillancourt, webmestre et beau-frère Jean-Louis Labbé